Mots clefs : artificialisme ; misogynie ; antisémitisme
Dans les deux dernières décades du dix-neuvième siècle
apparaissent toutes sortes de fantasmes liés au sentiment de la perte des
valeurs. Ces craintes, nées des soupçons à l’égard d’une modernité qu’on devine
moins lumineuse que sombre, se traduisent en art et en littérature par un goût
pour l’artificialisme et par le culte de la stérilité. Dans le même temps, les
philosophies de l’histoire ainsi que les analyses de la société s’ordonnent
autour de concepts qui manifestent une pathologisation de la vision du monde.
Trois notions articulent la vision du monde « fin de
siècle » celle, esthétique et morale de décadence ; celle, idéologique de
déclin ; celle, biologique de dégénérescence.
Le cours se propose de comprendre comment ces notions se
sont nouées dans l’imaginaire du temps pour produire la haine de la nature, la
misogynie et l’antisémitisme.
Ce travail se fera à partir de textes littéraires et
philosophiques, ainsi qu’à partir d’essais de l’époque.
Textes au programme :
J.K.Huysmans :
À vau l’eau (distribué sous
forme de photocopies)
À Rebours
E.Zola :
La Curée
G.Rodenbach :
Bruges la morte
A. Gide :
Paludes
Textes de référence distribués sous forme de photocopies
:
C.Baudelaire :
quelques poèmes des Fleurs du mal
F. Nietzsche :
extraits du Gai savoir et du Nihilisme européen
P.Bourget :
extraits des Essais de psychologie contemporaine
S. Freud :
extraits de Totem et Tabou
M.Nordeau : extraits de Dégénérescences
Villiers de L’Isle-Adam : extraits de L’Ève future
Philosophes contemporains :
C. Rosset (L’antinature), M.Foucault (Les Mots et les
Choses), P.Sloterdijk (La pensée cynique)