New York UniversityDepartment of French
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V45.0991.002

Le néo-polar : histoire, mémoire, politique

Le roman noir français contemporain porte en lui les traces des guerres, des luttes et des révolutions du vingtième siècle. National-socialisme, guerre d’Espagne, guerre d’Algérie, Bosnie, Algérie encore, groupuscules FN : si les crimes de l’histoire méritent d’être amenés au jour, les allées sombres ratissées et les preuves soumises aux regards du public, c’est parce qu’« en oubliant le passé, on se condamne à le revivre », comme l’inscrit Didier Daeninckx en exergue de Meurtres pour mémoires. Le néo-polar vise à rafraichir la mémoire de ses lecteurs et à les politiser s’ils ne le sont pas déjà – des critiques allemands n’ont pas d’ailleurs hésité à reconnaître dans le genre une variante prolétarienne de la théorie critique anticapitaliste de l’école de Frankfort. Il s’agira donc dans ce cours d’aborder le polar sous divers angles : comme œuvre de critique sociale, document sociohistorique, genre doté de ses propres règles, du point de vue de l’édition aussi, avec ses tirages impressionnants et son lectorat hétéroclite. A travers des textes de Jean-Patrick Manchette, Fred Vargas, Hélène G. Couturier et Yasmina Khadra, entre autres, ainsi que des adaptations cinématographiques, nous tenterons de prendre la mesure du succès du polar et de l’ampleur de ses ambitions – bien visibles dans le titre d’un article-manifeste récemment signé par Patrick Raynal : L’avenir du roman ? Noir.